« Tu as agi au nom d’idées respectables pour une cause respectable d’une façon qui ne l’est pas, qui invalide tes idées, qui nuit à ta cause.« 

Ayedhal

AyerdhalRainbow Warriors

Au Diable Vauvert, 2013, 523 pages

Il était une fois un pays fictif d’Afrique aux mains d’un dictateur auto-proclamé en train de le ruiner à absolument tous les points de vue  – population, environnement, économie – et un ex-ponte des Nations Unies qui avait décidé de le renverser. L’argent n’était pas un problème (nous verrons comment) et avec le concours de quelques célébrités (rigolos détournements de noms) entre en action (et quelle action !) une armée hétéroclite et supra efficace. Un détail, une grosse partie de ses effectifs est LGBT…

Vous ne savez pas ce que c’est ? Tant mieux, vous découvrirez 🙂 Si vous savez, vous découvrirez pareil, parce que le sieur Ayerdhal s’y entend pour bousculer les idées reçues, appuyer (fortement) le doigt à l’endroit précis qui commençait à chatouiller, mêler un cynisme à toute épreuve à la plus efficace des émotions. Ce roman, c’est de la vive allure qui pétarade, je ne suis pas certaine que le qualificatif de thriller lui rende justice, c’est un mélange très réussi de plusieurs genres et j’étais le public idéal : je n’en revenais pas de certains évènements (nooooon ! pas çaaaaaa !) et j’ai été incapable de retenir la buée dans les yeux à un moment précis (« Dis à xx que xx l’embrasse et qu’importe le public » aux funérailles…), sans parler de ces magnifiques personnages (Ndidi et Me’elu, mes chouchoutes) (mais la concurrence est rude). Le plus fort étant qu’il y a un côté volontairement outré, quelque chose comme du toctocbadaboum-c’est-moi-Bébel qui, loin de diminuer le propos (sévère, le fond du propos !) le rend VIVANT. Et le crédibilise, paradoxalement. Bref, on s’amuse autant qu’on a l’occasion – si on le souhaite – de transposer à notre société réelle et de pencher un peu sur la géopolitique.

A noter la parution en numérique avec le 1er épisode gratuit (le tout vraiment intéressant financièrement) (moi j’ai acheté le broché, j’avais envie) (parce que le Diable Vauvert m’a alimentée en SP pendant mes années blogueuse-qui-croit-que, je « rends » à ma modeste mesure), et à lire le très très bon billet de Lhisbei.

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