« Joyland » – Stephen King

Hard Case Crime Edition, 2013, 283 pages (VO)

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« I’m going to send you up where the air is rare and the view is much more than unfair.« 

Devin Jones est un vieux monsieur, maintenant, il a sur le passé, et particulièrement sur l’automne de ses 21 ans, un regard éclairé, pourrait-on dire. C’était en 1973, il venait de se faire plaquer (lâchement, mais au mépris d’une multitude de signes avant-coureurs qu’il avait pris grand soin d’occulter) et pour ne pas passer son temps à lécher sa plaie il bossait dans un parc d’attraction, Joyland, ça s’appelait. C’était le genre de parc qu’on peine à imaginer aux XXI° siècle, pas à thème, pas moderne, bon enfant et dans la plus pure tradition foraine, avec sa langue interne, ses codes et ses secrets. Il y avait même, murmurait-on, un vrai fantôme, qui hantait opportunément l’attraction dédiée à l’horreur…

Pour se faire peur, ce n’est pas ce roman du grand King qu’il faut lire, et il est de plus sans aucun doute à classer dans ses oeuvre mineures. Pourtant, il a déclenché chez moi une grosse bouffée d’affection pour son auteur, et j’ai compris en savourant sa langue et ses inimitables gimmicks que je l’aimais décidément d’amour et que ça ne s’explique guère. Son Devin Jones est parfaitement crédible, et si l’histoire racontée demeure en permanence dans le grand classique du souvenir quelque peu idéalisé, je ne suis pas restée insensible (et c’est peu dire) à la lente nostalgie tout du long distillée. Faut-il avoir vécu soi-même cette époque qui paraît maintenant si anachronique pour en ressentir les ambiances ? Peut-être, ou peut-être faut-il simplement avoir grandi avec les images et le phrasé du King pour, loin de s’agacer devant ses répétées mises en garde qui ne déboucheront – on le sait de toute éternité – jamais sur un évènement spectaculaire (mais plutôt sur un pincement de coeur), pour, donc, disais-je dans cette phrase où je m’embourbe, se laisser prendre par le coeur et apprécier les amitiés qui se nouent, les diseuses de bonne aventure et les petits garçons en phase terminale.

Joyland vend de l’amusement, Stephen King offre une histoire toute simple rythmée par le ressac des vagues et les vents qui finiront toujours par se lever. Et j’en redemande.

« (…) a house where I wrote books that weren’t exactly bestsellers but popular enough to keep us comfortably and were – very important – well reviewed.« 

« You think Okay, I get it, I’m prepared for the worst, but you hold out that small hope, see, and that’s what fuck you up. That’s what kill you.« 

« Hands inside the caaa ! Hold still and watch for the baaa !« 

« – I already taught her the Scarlet Knight fight song. You know, « Upstream, Redteam, Redteam, Upstream-‘
Sounds complex, I said.
He shoot his finger at me.
– Sarcasm will getting nowhere in this world, boy. Unless you’re angling for a writing job at Mad magazine, that is.« 

« Kid, you got style that makes me smile.« 

(Pour la petite histoire, billet rédigé et mis en ligne depuis la voiture sur la route des vacances, je suis tout ébouriffée par la technologie, c’est fou tout de même, nan ?)

Voiture

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