La maison de Salt Hay RoadCarin Clevidence

Quai Voltaire, 2012, 306 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Arnaud (The House on Salt Hay Road, 2010)

Clevidence

« Chère Miss Poole,

Est-il possible que, par quelque miracle, vous existiez vraiment ? Ici, dans les pièces qui me sont familières, entouré par les objets de ma vie prosaïque, je repense à vous et aux étranges circonstances de notre rencontre. Je me revois, à la porte de la maison de Mr Washington, et vous qui courez vers moi sur la pelouse. J’ai beaucoup de mal à me concentrer sur les spécimens empaillés du muséum. Aurez-vous assez pitié de moi pour m’écrire ? J’apprécierais beaucoup de recevoir une preuve que je ne vous ai pas imaginée.« 

Ceci est la lettre par laquelle Nancy succombe à Robert, et je la trouve super choupi. Elle n’est pourtant pas représentative du roman dans le sens où ce n’est pas un roman d’amour (loin de là), et pourtant, au final, ça ne parle que de ça. Il était une fois en 1937 une famille à Long Island, que le sort avait placée dans une même maison. Plusieurs générations, plusieurs drames familiaux, et la vie qui continue malgré tout. Tour à tour, nous apprenons à les connaître et à chercher avec eux quel destin leur serait le plus favorable, tout en nous imprégnant de la nature tout autour (et celle-ci peut se révéler sauvage et injuste..). C’est beau et c’est tragique, ça parle de toutes petites choses très quotidiennes et ça en extrait le potentiel dramatique, tout en laissant le lecteur aux prises avec mille et une sensations très physiques (les pâtisseries de Mavis, la pêche, l’équitation, les sentiments familiaux informulés…) et au final c’est follement attachant et particulièrement dépaysant. Un très bon premier roman.

Merci Cathulu !

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